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Fiche Décryptage Lever de la dette bancaire pour financer son entreprise

En France, la dette bancaire représente les deux tiers des financements des entreprises, le solde étant levé sur les marchés financiers (source : Banque de France, rapport sur le financement des sociétés non financières).

Quels sont les types de crédits bancaires aux entreprises ? Comment sélectionner le financement le plus adapté ? Comment raisonne une banque ? 

C’est l’objet de ce décryptage !

L’enjeu de la gestion du financement

Bien gérer ses financements, c’est trouver le bon équilibre entre le coût de la dette et la sécurité du financement.

Idéalement, la dette à court terme doit financer des besoins à court terme, et la dette long terme doit financer des besoins à long terme.

En effet, une dette trop courte fait courir un risque de liquidité à l’entreprise (que faire si un emprunt ne peut être renouvelé ?), tandis qu’une dette trop longue augmente les charges financières de façon injustifiée.

Passons en revue les différents types de crédits bancaires et leur usage.

Les crédits à court terme

Ces crédits financent le besoin en fonds de roulement, c’est-à-dire le besoin de trésorerie lié au décalage temporel entre le paiement des fournisseurs et l’encaissement des clients.

Il peut s’agir d’un simple découvert autorisé ou d’une facilité de caisse plus structurée, telle qu’une ligne de crédit qui n’a pas vocation à être tirée mais dont l’existence rassure d’autres prêteurs.

Ces crédits sont tarifés selon une marge d’intérêt et des commissions diverses (de confirmation, de non utilisation, de plus fort découvert…). Ils sont généralement renégociés chaque année.

Les crédits à moyen et long terme

Ce sont des prêts bancaires classiques, à un horizon de plusieurs années, in fine ou amortissables. 

Ils servent à financer les investissements de l’entreprise : frais d’installation, matériel industriel, fonds de commerce… ainsi que son développement (organique ou acquisitions). Leur horizon est idéalement identique à la durée d’amortissement des actifs qu’ils financent.

Lorsque les montants le justifient, une entreprise peut rassembler ses contreparties habituelles et réaliser un « club deal », un prêt découpé en plusieurs tranches.

Pour les financements importants, et lorsqu’une banque seule refuserait de porter l’intégralité du risque, le prêt est porté par plusieurs banques par un pool bancaire: chacune étant rémunérée en proportion de son apport au capital emprunté.

Les crédits hors bilan

Ces crédits n’entrent pas – en théorie – au passif de l’entreprise. Le plus connu est le crédit-bail, ou leasing : un contrat de location assorti d’une option d’achat.

Le crédit-bail est souvent plus coûteux qu’une dette bancaire, tout en étant moins souple car nécessairement affecté à un bien précis. Les entreprises de crédit-bail ne financent que les biens qu’elles pensent pouvoir revendre si l’option d’achat n’est pas exercée, ce qui peut restreindre leur usage aux biens les plus classiques (véhicules, bien immobilier…) et exclure les actifs peu standardisés spécifiques à une profession.

Les crédits hors bilan ont un avantage : ils n’alourdissent pas le taux d’endettement de l’entreprise car seules les charges (les loyers) apparaissent dans le résultat. Néanmoins, l’effet est surtout cosmétique : ces contrats sont souvent requalifiés en dette par les analystes financiers. C’est aussi le cas dans les normes comptables internationales IFRS.

Les structures déconsolidantes

Affacturage, titrisation, cession de créances Dailly : ces modes de financement consistent à céder des actifs, souvent des créances (factures clients, loyers à percevoir…) afin d’obtenir des liquidités immédiates.

Puisqu’ils transforment des actifs en liquidités, ils n’augmentent pas l’endettement de l’entreprise. Néanmoins, ils se contentent de mobiliser des ressources existantes : il est impossible de réellement financer le développement d’une entreprise de cette façon.

Du côté de la banque : tempérer et rémunérer la prise de risque

Toute décision d’octroi de crédit fait porter un risque à la banque. Pour maîtriser ce risque, elle se fonde sur une analyse interne du dossier et sur des indicateurs externes. Le plus connu est la cotation Banque de France, répertoriée dans le FIBEN (Fichier bancaire des entreprises).

Cette cotation vise à appréhender la capacité d’une entreprise à honorer ses engagements financiers à un horizon de 3 ans.

Elle repose sur l’analyse financière de l’entreprise (capacité bénéficiaire, autonomie financière, solvabilité, équilibre du bilan…), mais aussi sur son environnement (santé de ses clients, de ses partenaires), sur les antécédents de ses dirigeants et d’autres facteurs qualitatifs.

Bien évidemment, plus la banque juge le risque élevé, plus elle demandera un taux élevé et une durée de remboursement rapide. Elle pourra aussi demander des garanties pour réduire son risque : nantissement, caution, hypothèque…

Pourquoi faire appel à un expert en financement d’entreprise ?

Pour emprunter aux meilleures conditions

Indépendant de tout organisme bancaire, un courtier en financement d’entreprise permet d’obtenir les meilleures conditions d’emprunt (taux, assurance, mais aussi limitation des engagements personnels donnés…). Lui déléguer la négociation bancaire et les tâches administratives, c’est gagner du temps et éviter un risque opérationnel.

Le courtier est souvent un ancien banquier : il connaît donc « de l’intérieur » les ratios observés par les banques et les conditions de déclenchement du crédit. Préalablement à la sollicitation des banques, le courtier va, en concertation avec le client, structurer le financement de manière à ce qu’il soit compatible avec les attentes des banques.

Idéalement, le courtier doit être implanté localement et connaître les spécificités du métier de ses clients. On ne finance pas une exploitation agricole comme on finance l’ouverture d’une franchise…

La pratique du courtage en crédit bancaire est encadrée par le Code Monétaire et Financier. Les courtiers ont la qualité d’Intermédiaires en Opérations de Banque et en Services de Paiement (IOBSP) et sont soumis à des obligations spécifiques. 

Par dérogation, les personnes dont l’activité d’intermédiation bancaire est liée à d’autres prestations (conseil en gestion, ingénierie financière, fusions/acquisitions…) sont exemptées du statut d’IOBSP, mais restent soumises aux obligations propres à leur métier.

Pour aménager son bilan de façon optimale

D’autres professionnels indépendants peuvent aider le dirigeant dans ses décisions de financement. Car avant de chercher un crédit, il faut savoir pourquoi il est nécessaire et comment il sera utilisé !

Un professionnel de l’ingénierie financière spécialisé en « haut de bilan » peut ainsi déterminer la structure de financement optimale de l’entreprise (répartition entre dettes et fonds propres) selon ses capacités financières, mais aussi selon l’engagement personnel que les actionnaires peuvent et souhaitent fournir (augmentation de capital, compte courant…) et leurs préférences au regard des dividendes.

Il s’agit alors d’une mission de conseil financier, fiscal et juridique, proche du service apporté par une banque d’affaires à une société du CAC 40.


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