Accueil Tribune : « Pourquoi les Français poussent-ils la porte d’un courtier ? »
Tribune :

Par Christelle Molin-Mabille, Présidente de la CNCEF Crédit

Lors d’une enquête commandée par le Ministère des Finances en 2016, 85% des Français déclaraient ne pas avoir reçu d’éducation financière ou budgétaire. Et pourtant, ils font des projets qu’ils ont besoin de financer. Des projets qui ne sont pas les mêmes selon les périodes de la vie et qui évoluent dans l’expression des besoins.

C’est pourquoi, notre profession a réellement intérêt à se saisir de la Loi PACTE qui introduit l’éducation financière des français et le financement des entreprises. C’est-à-dire, ne plus se limiter à la recherche d’un meilleur taux mais de répondre à une aspiration assez constante dans la société, d’être accompagné sur le court-moyen-long terme et regarder leur projet d’un point de vue global, non plus seulement sur l’aspect “taux”. C’est ce qui explique pourquoi les consommateurs sont plus nombreux qu’en 2015 à franchir la porte d’un courtier. Ils sont en effet 35% à faire appel à ce professionnel pour un crédit, et particulièrement 60% chez les moins de 35 ans. 

Pourquoi se dirigent-ils vers les cabinets de courtiers crédit ? Majoritairement pour des raisons financières, sachant qu’un français sur deux est à la recherche du taux d’intérêt le plus avantageux, particulièrement pour un crédit immobilier. ¼ d’entre eux veulent aussi gagner du temps. Enfin et c’est la part la plus importante pour nous, 23% veulent être conseillés et accompagnés dans leur démarche. 

Conseil et accompagnement

Il est vrai qu’un rendez-vous avec un courtier crédit va être de nature à leur faire vivre une véritable expérience et une approche pédagogique, en cela qu’elle devrait être unique et non standardisée. Le professionnel du crédit va définir précisément les objectifs et les attentes du clients et lui permettre de prendre les bonnes décisions. Profiter des meilleurs conseils et d’un suivi personnalisé va permettre au consommateur d’accéder aux solutions patrimoniales qui correspondront à son parcours de vie. La preuve que ce métier ne se limite pas à la recherche d’un taux adapté, mais qu’il trouve sa valeur ajoutée dans le conseil et l’accompagnement. Et même bien souvent au-delà : le courtier va aussi émettre des recommandations à son client en matière d’assurance de prêt, – lui préciser les aides possibles en matière de logement ou de rénovation auxquelles il peut prétendre. – lui amener des réflexions lui permettant d’affiner son projet.

Parier sur la jeune génération de consommateurs

Parmi les aspirations des Français, être propriétaire de son bien immobilier est sans doute toujours le désir le plus fortement exprimé. Mais c’est aussi celui qui génère le plus de craintes. En effet, acquérir sa résidence principale pour la première fois est un acte complexe. L’enjeu est de taille pour la profession car 42% des 24/34 ans qui ne sont actuellement pas propriétaires, déclarent vouloir souscrire leur crédit immobilier auprès d’un courtier. Ce qui laisse augurer non seulement un avenir au métier mais aussi la possibilité de s’inscrire sur le long terme avec cette catégorie tranche de clients. Sachant qu’un consommateur satisfait reviendra ensuite consulter son courtier tous les 5 ans en moyenne. D’ici quelques années, 40% du marché du crédit immobilier pourrait être intermédié par les courtiers. Cette marge de progression supposée est d’autant plus intéressante que le métier va connaître l’auto-régulation à compter de janvier 2021. Elle va lui donner une nouvelle visibilité mais surtout renforcer la montée en compétences des professionnels par la formation. 

Physique contre numérique ?

A l’instar des conseillers en investissements financiers ou des conseillers en gestion de patrimoine, les courtiers n’échappent pas à la concurrence de la digitalisation. Ainsi, beaucoup de sites ont fleuri sur internet, offrant des services de courtage. Seulement 5% des Français optent pour ce type de service. En revanche, 24% d’entre eux accordent beaucoup plus de confiance aux courtiers crédit physiques. Enfin, les consommateurs sont aussi à la recherche de courtiers multi-activités qui vont leur permettre de couvrir de nombreux domaines non proposés sur le web. A savoir par exemple, le courtage en assurance et en crédit auprès d’un seul professionnel. 

Eduquer les Français

Il reste désormais à mieux éduquer les Français dans leur relation à l’économie réelle. Pour cela, il conviendra de faire jouer à plein l’interprofessionalité. En effet, 77% de la population estime avoir un niveau de connaissance moyen ou faible sur les questions financières. Ils estiment ne pas maîtriser par exemple, l’effet de l’inflation sur leur pouvoir d’achat ou le calcul d’un intérêt sur un placement. Ils ignorent la définition d’un crédit renouvelable. Selon eux, les informations fiables et neutres pour gérer leur budget ne seraient pas facilement accessibles. C’est pourquoi, tous les acteurs de la finance, les courtiers en particulier, doivent poursuivre et renforcer la mise en oeuvre d’une éducation économique, budgétaire et financière auprès d’eux.


Pour plus d’informations, suivez-nous sur nos pages Facebook et Linkedin